Les marques

Que choisir  ? Les distilleries Guadeloupéennes

Publié le : 19/03/2018 21:12:16
Catégories : Que choisir ?

Des distilleries et des marques célèbres 

L’archipel de la Guadeloupe compte 9 distilleries de rhum agricole encore en activité, dont 3 à Marie-Galante et 6 en Guadeloupe Continentale, toutes situées à Basse-Terre à l’exception de Damoiseau. 

 

Domaine de Bellevue - Damoiseau – Le Moule (Grande-Terre) 

La distillerie Bellevue a été fondée en 1914. Elle devient la propriété de Louis Damoiseau en 1942, qui produit du rhum vendu en vrac jusque dans les années 50, puis en bouteilles. Son fils Roger, fera beaucoup évoluer l’entreprise, mais c’est surtout son petit-fils, Hervé Damoiseau, qui mènera mène l’entreprise au succès. Elle est située au Moule à Grande-Terre, là où la culture de la canne à sucre, favorisée par des sols riches en argile et un climat assez sec, reste très importante. C’est la dernière encore en activité dans cette région. Damoiseau cultive une partie des cannes nécessaires à sa production de rhum, le complément provenant de petits agriculteurs. Le rhum est distillé dans deux colonnes très modernes et est vieilli dans d’anciens fûts de Bourbon de 180 litres. Présent en France métropolitaine et à l’export dans plus de 40 pays, Damoiseau commercialise plus de 2 millions de litres de rhum, dont 75% en Guadeloupe et dans les Caraïbes et possède le plus gros stock de rhum en vieillissement de Guadeloupe (3000 fûts). Son rhum blanc domine le marché local. Les Guadeloupéens aiment à dire qu’ils ne cesseront de boire du rhum Damoiseau que lorsque l’un des deux petits porteurs symbolisant la marque posera le pied à terre.  

 

Distillerie Bologne – Rivières de pères (Basse-Terre) 

L’habitation Bologne, fondée en 1664 au pied du massif de la Soufrière, était l’une des plus importantes usines sucrières de Basse-Terre au 19ème siècle. En 1930, Louis Sargenton-Callard rachète le domaine et y installe une distillerie moderne, en gardant le nom du premier propriétaire. Progressivement, il reconstitue le domaine d’origine en réunissant les propriétés de Beauvallon et de la Coulisse. Il achètera également une propriété sur le versant est de la Soufrière, pour fournir en cannes à sucre la distillerie, qui se consacre à la production de rhum agricole. La qualité des cannes était primordiale pour Louis Sargenton-Callard, qui tenait à maîtriser toutes les étapes de production, en commençant par la coupe et le transport des cannes, afin qu’elles rendent le meilleur jus. La distillerie exploite 140 hectares de cannes à sucre, qui couvrent environ 60% de ses besoins. Des cannes gorgées de saveurs, cultivées sur leur terroir volcanique avec un climat plutôt humide, coupées à la main, ainsi qu’une eau de source d’une grande pureté garantissent aux rhums Bologne toute leur typicité. La distillerie dispose de trois colonnes dont une Savalle en cuivre. De nos jours, Bologne produit environ 1 million de litres de rhum blanc à 55° par an, ce qui en fait le plus important producteur de Basse-Terre. Se concentrant sur la production de rhum blanc, Bologne a commencé à faire vieillir du rhum dans les années 90.  

 

Domaine du Marquisat de Sainte-Marie - Distillerie Espérance - Capesterre-Belle-Eau (Basse-Terre), Rhums Longueteau (Rhums Mon Repos) & Rhums Karukera 

En 1895, Louis Philippe Henry Longueteau, achète aux enchères l’habitation Espérance. Il transforme la sucrerie en distillerie. Son fils reprend la distillerie en 1927. Il va faire révolutionner la production en 1968 en remplaçant la roue à aubes, par une machine à vapeur, qui fonctionne toujours. Un peu plus tard, dans les années 40, les rhums Longueteau rachèteront la distillerie de Mon Repos, qui cessera son activité en 1962, transférée à la distillerie Espérance. En 1988 Paul Henri-Longueteau devient propriétaire du Domaine du Marquisat de Sainte-Marie et de la distillerie. C’est grâce à lui que le rhum Longueteau commence à s’exporter vers la métropole. Et en 2005, François Longueteau, actuel propriétaire, rachète le domaine à son père. Il va apporter un nouvel élan, en étoffant la gamme de rhums vieux et en créant une nouvelle gamme de punchs. Il va également nettement améliorer les installations pour augmenter la production. Longueteau cultive 70 hectares sur les 100 du domaine, et deux variétés de cannes, la Bleue et la Rouge, sur des parcelles distinctes, ensoleillée et face à l’océan, ou à l’abri du vent, près de cours d’eau, ce qui permet d’obtenir des rhums aux arômes très différents. Elle est la seule distillerie de Guadeloupe totalement autonome en cannes à sucre et produit environ 550 000 litres de rhum (50°) 

Le rhum agricole Mon Repos, produit au Domaine, est principalement destiné au marché local.  

 

Les rhums Karukéra sont également façonnés au Domaine du Marquisat de Sainte-Marie. Peu de temps après avoir racheté le domaine à son père, François Longueteau s’associe à Grégoire Hayot, avec lequel il crée les rhums Karukera, avec pour objectif la production de rhums vieux de haute qualité. Les rhums, élaborés à partir du jus de cannes du Domaine, sont fournis en sortie de colonne par la distillerie Espérance. Tout l’art de karukara consiste à les affiner et à les élever dans les chais construits en 2007. La première mise en vieillissement a eu lieu en novembre 2006 dans 87 fûts de 310 litres. Depuis, 15 à 20000 litres de rhum sont stockés chaque année. En attendant de pouvoir assembler ses propres rhums, Karukera a commencé par proposer un rhum blanc Canne bleue et en 2008, plusieurs assemblages élaborés à partir de rhums provenant de collègues de Guadeloupe ou de Martinique.  

 

Distillerie Montebello - Petit-Bourg (Basse-Terre) 

La distillerie Montebello, anciennement Carrère, située à Petit-Bourg a été créée en 1930. En 1968, Jean Marsolle dont le frère Henri possède la Distillerie du Domaine de Sèverin, en devient le propriétaire. C’est en 1975 qu’elle sera renommée Montebello et se modernisera pour devenir rapidement l’une des plus importantes de l’île. Alain Marsolle, le fils de Jean, rachète la distillerie avec son frère, et en 2011, c’est le fils d’Alain, Grégory Marsolle qui gère l’entreprise familiale. Depuis 2012, l’entreprise œuvre pour l’environnement et utilise le résidu du broyage des cannes (la bagasse) pour alimenter les presses utilisées pour broyer les cannes. La particularité des rhums Montebello est de subir une fermentation de 48 heures, soit plus longue que la plupart des distilleries. Par ailleurs, ils sont élevés en fût de chêne, abrités par des containers en métal et exposés au soleil afin d’accélérer le processus d’oxydation. La distillerie produit également une jolie gamme de liqueurs et de punchs aux saveurs gourmandes comme le punch coco. Aujourd’hui Montebello produit 500 000 litres de rhum par an et est probablement le rhum le plus médaillé de Guadeloupe. 

 

Distillerie Bellevue Sainte Rose (Basse Terre), Rhums Reimonenq  

La distillerie est créée par Joseph et Fernand Reimonenq en 1916. Elle se situe au nord de la Basse Terre, sur la commune de Saint-Rose. En 1959, Léopold Reimonenq, le fils de Fernand prend la succession de son père et assure la gestion de l’entreprise qui sera totalement détruite en 1969, en raison d’un court-circuit qui déclenchera un incendie. Léopold la fait reconstruire. Reimonenq dispose d’une colonne à 4 fonctions qui lui permet d’élaborer le rhum en maîtrisant complètement les températures pendant la distillation, car le jus fermenté est chauffé indirectement via un serpentin échangeur, ce qui permet d’éliminer les saveurs désagréables. Le rhum blanc Coeur de Chauffe que produit Reimonenq grâce à ce procédé, titre entre 60% et 70% en sortie de colonne.  

De cette distillerie sort chaque année près de 300 000 litres de rhum blanc et elle dispose de 1 500 fûts de chêne pour le vieillissement. Depuis 1990, la distillerie familiale Reimonenq, abrite un Musée du rhum, qui retrace trois siècles d’histoire. 

 

Domaine de Sèverin - Sainte-Rose (Basse-Terre) 

A Sainte-Rose, au Domaine de Sèverin, on produit du rhum de père en fils depuis 1928. Henri Marsolle, le fondateur, fils de rhumier, décide de rénover cette magnifique sucrerie qu’il rachète à sa tante, et dont il ne changera pas le nom, héritage des premiers propriétaires. Dans les années 50, deux de ses fils, dont Joseph, le rejoignent pour le seconder et en 1966, Joseph prendra les rennes de l’entreprise. Il consacre toute sa vie à l’élaboration de rhums d’une qualité extrême. Avec sa femme May, ils s’investiront totalement pour faire de ce domaine bien plus qu’une simple distillerie. Dans les années 70, le Domaine de Sèverin proposera une gamme de punchs fruités. Dans les années 80, ce sont les curiosités touristiques qui seront développées, avec notamment la culture de crevettes d’eau douce et l’installation du petit train qui permet de visiter une petite partie de cette propriété de 35 hectares. La gamme des rhums vieux Premium, lancée en 2010 remporte un franc succès et confirme la réputation d’excellence de la marque. Environ 2000 à 2500 de tonnes de cannes cultivées à Basse-Terre sur des terres volcaniques et coupées à la main sont broyées au Domaine, dont le jus est fermenté 48 heures, puis distillé en colonne. La qualité des rhums élaborés par le Domaine de Sèverin a été saluée par de multiples médailles et gratifications, notamment par le prix d’excellence du Concours Général de Paris, qui récompense la constance de qualité. Avec son antique roue à aubes, elle est probablement la distillerie la plus visitée de Guadeloupe   

 

La distillerie BIELLE a été fondée vers la fin du 19ème siècle. Ce sont les fils de Jean-Pierre Bielle, cultivateur de café, qui créent une raffinerie sucrière en 1826Au tout début du 20ème siècle, on commence à y produire du rhum agricole, et dans les années 30, Bielle figure parmi les plus importantes distilleries de l’île. En ruines après la seconde guerre mondiale, elle est rachetée par Paul Rameaux en 1956 et laissée à l’abandon. Ils faudra attendre 1975 et l’arrivée de Dominique Thierry, jeune ingénieur petit-neveu du dernier acquéreur, pour que cette distillerie prenne enfin son essor et devienne l’une des plus actives à ce jour, avec une production d’environ 360 000 litres de rhum à 55°Les cannes à sucre proviennent des 20 hectares de la propriété et de plusieurs petits producteurs. Le rhum est distillé dans des colones en cuivre savalleLe rhum blanc est toujours embouteillé à son degré «traditionnel» de 59° (ainsi qu’une autre version à 50°) et possède à ce jour environ un millier de fûts de rhum en cours de vieillissement. Bielle propose une gamme composée de rhums blancs, de rhums vieux et de liqueurs. 

 

Bellevue 

C’est en 1910 que cette ancienne sucrerie commencera à produire du rhum activement. Dans les années 40, elle est une distillerie majeure de l’île. Rénovée en 2003, La majeure partie de sa production estimée à 4000 hectolitres par an est destinée à l’exportation. Au cœur d’un immense bassin cannier, la distillerie Bellevue est la première distillerie «écopositive», totalement non polluante. Elle est également la plus importante de Marie-Galante, et avec 1 500 000 litres de rhums produits, elle est le plus gros exportateur de la Guadeloupe. Les rhums du Domaine de Bellevue sont distillés grâce à une imposante colonne en cuivre, à 59°, ce qui est la spécificité Marie-Galantaise. La distillerie produit également du rhum blanc à 50°, du rhum vieux et une petite gamme de punchs aux saveurs fruitées. 

 

Poisson (Père Labat) - Grand-Bourg de Marie-Galante 

C’est Edouard Rameaux, déjà propriétaire d’une distillerie de rhum traditionnel, qui rachète la distillerie Poisson en 1916 et a l’idée de génie de donner le nom du célèbre Père Labat à son rhum, dont la commercialisation débutera à la fin de la seconde guerre mondiale. Après avoir accusé une forte baisse de rentabilité, Elle est reprise en 1976 par Ernest Renault, le petit-fils du fondateur. En 2000, elle est rachetée par un négociant Guadeloupéen. Depuis 2014 la distillerie a augmenté sa production annuelle à 400 000 litres. Cette petite distillerie, la plus ancienne de Marie-Galante, produit un rhum agricole blanc à 59° comme le veut la tradition, ainsi que deux versions à 50 et 40°. La gamme s’est étoffée d’un rhum doré et de rhums vieux.

Partager ce contenu

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.